Une plongée au coeur de son documentaire Wonder Boy.

Olivier Rousteing, le directeur artistique de Balmain suivi par 5,8 millions d’abonnés sur Instagram, est un prodige de la mode et une star des réseaux sociaux. Le chiffre d’affaire de Balmain a été multiplié par 6 depuis son arrivée en 2011. A seulement 34 ans, il est aujourd’hui à la tête d’une des marques les plus influentes du secteur. En apparence, le parcours d’Olivier Rousteing a tout d’une success story hollywoodienne. Mais derrière l’image lisse et contrôlée qu’il s’est lui-même construit se cache une tout autre réalité que nous fait découvrir le documentaire « Wonder Boy » réalisé par Anissa Bonnefont.
« Ce que les gens voient de moi, c’est-ce que j’ai créé moi-même. Et je me suis perdu »

Abandonné à la naissance et né sous X, Anissa Bonnefont a suivi Olivier Rousteing pendant plus de deux ans dans son combat administratif pour retrouver ses parents biologiques. Ses succès professionnels alimentent un manque profond, et malgré tout l’amour de sa famille adoptive, c’est par un besoin vital d’en apprendre plus sur ses origines qu’Olivier Rousteing se lance dans cette grande aventure.
« Quand tes parents ne te veulent pas, tu te demandes pourquoi tu es là »
Au milieu de l’effervescence des défilés de mode, des soirées mondaines et de ses amis célèbres, Olivier Rousteing est un jeune homme torturé qui n’arrive pas à s’accepter. Enfermé dans son travail et rentrant tard le soir dans un immense appartement vide, il souffre d’une grande solitude qu’il ne parvient pas à combler. Petit à petit, on découvre ses pensées les plus sombres, ses peurs les plus grandes, ses phobies. Au travers de scènes bouleversantes, l’image se fissure et le contraste apparaît : l’homme fort peint par les médias laisse place à un homme manquant cruellement de confiance qui tente de combler ce sentiment d’abandon en étant toujours plus dur envers lui-même.
« Tant que je ne sais pas qui je suis, je ne pourrais pas m’aimer »
Oliver Rousteing part en quête de réponses. Il a besoin de comprendre et de donner du sens à ce qu’il entreprend. Au fil de ces deux ans, il découvre des informations importantes sur ses parents biologiques mais ce n’est pas suffisant : il a besoin de plus. Il veut pouvoir mettre un visage sur sa mère, comprendre pourquoi elle n’a pas voulu de lui, pourquoi son père a fait ce qu’il a fait. Mais est-il vraiment prêt à recevoir et accepter ces réponses ? C’est bien là un des enjeux du documentaire.
Si Olivier Rousteing a accepté de réaliser ce parcours très intime sous les yeux de la caméra, c’est avant tout pour ne pas lâcher. Il avait déjà tenté d’entamer les démarches à l’âge de 16 ans avant de tout abandonner. Cette fois, motivé par tout ce qu’il a déjà entrepris dans sa vie et accompagné d’Anissa Bonnefont, il se lance. Il a déclaré sur Quotidien en Octobre « je voulais finir ce documentaire et faire passer un message d’espoir à tous les enfants qui ont vécu la même chose ».
Ce documentaire est comme une catharsis pour le jeune créateur qui se libère d’une partie de ses fardeaux et termine sur un message positif pour sa mère biologique : « J’ai fait ce film pour lui montrer que je vais bien, et pour la remercier ». Oliver Rousteing fait tomber le masque et se livre dans un documentaire poignant, douloureux mais surtout sincère, qui, il l’espère, saura mettre sa mère biologique sur son chemin.

« J’ai peur d’un second abandon, j’ai peur d’ouvrir la cicatrice de cette femme qui m’a mis au monde. Mon seul espoir serait qu’elle se reconnaisse dans ce film »
Un film à découvrir sur Canal + ou au cinéma. https://www.youtube.com/watch?v=l0g9xFygUZI
Louise Morin



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